La flavescence DorÉE
La flavescence dorée existait depuis longtemps dans le sud de la France, mais avec le réchauffement climatique elle est arrivée en Champagne, où les premiers cas ont été constatés en 2011. D’abord discrète, elle a commencé à se répandre vers 2021, touchant tous les secteurs de la région.
Deux agents sont en jeu :
- D’une part un phytoplasme (une bactérie sans paroi), qui cause la maladie
- D’autre part une cicadelle, qui propage la maladie : la cicadelle se nourrit en piquant les feuilles de vigne et de ce fait transporte rapidement le virus d’un pied à l’autre.
Le phytoplasme seul ne pose pas problème car la maladie ne se répand pas et les cas restent rares et isolés.
La cicadelle seule ne pose pas non plus problème, car le fait qu’elle pique les feuilles ne cause guère de tord au pied de vigne.
C’est la conjonction des deux agents qui donne une maladie très invasive qui peut devenir un fléau.
Les signes de la flavescence dorée :
- Décoloration des feuilles, en rouge/violet pour les cépages rouges et en jaune pour les cépages blancs (d’où son nom).
- Enroulement des feuilles.
- Non aoûtement des rameaux (les rameaux de l’année ne durcissent pas pour devenir du bois).
- Flétrissement total ou partiel des grappes.
Ces signes ne sont pas très caractéristiques, et il est nécessaire de faire un test en laboratoire pour s’assurer qu’il s’agit bien de cette maladie.
Chaque année, des campagnes de dépistage obligatoires sont menées dans toutes les communes champenoises : les vignerons arpentent tout le territoire et signalent les pieds suspects. Le CIVC (Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne) vient ensuite faire des prélèvements et rend son verdict. Les pieds malades doivent aussitôt être arrachés ; c’est le moyen le plus efficace de contenir la maladie.
En cas d’infestation massive, des insecticides permettent d’éliminer la cicadelle, mais cela ne régénère pas les pieds malades, qui sont perdus.
Une autre piste existe pour empêcher les cicadelles de s’accoupler :
En effet, les mâles émettent des vibrations pour attirer les femelles ; mais les mâles rivaux sont capables d’émettre des vibrations particulières « disruptives », afin de brouiller les signaux des premiers et d’éliminer « la concurrence ».
L’objectif serait de reproduire ces signaux pour limiter les accouplements, ce qui pourrait aboutir à la mise en place d’émetteurs répartis dans le vignoble.